Cordiam revue cardiologie

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Le serpent au coeur, d’Alexander Calder.

En 1972, la Fondation Maeght sollicite 8 artistes pour composer chacun une lithographie originale sur le thème du cœur, ces œuvres devant être rassemblées dans un portfolio intitulé « le mois mondial du cœur », et tiré à 75 exemplaires au bénéfice de la Fédération Française de Cardiologie. A côté de celles d’Alexander Calder qui en proposera 2, cet ouvrage rassemble des œuvres de Miro, Ubac, Rebeyrolle, Tàpies, Riopelle, Steinberg et Palazuelo.

Pendant les premières années de sa vie d’artiste, Alexander Calder se partage entre les Etats Unis et la France. Il vit dans le Montparnasse parisien de légende dans l’entre-deux guerres. En 1953, il se fi xe en France et achète une vieille maison à Saché en Touraine. Levé tôt, il commence invariablement sa journée à la « gouacherie » telle qu’il appelait cette pièce par référence ironique à la porcherie qu’elle était à l’origine. Il y dessine des oeuvres sur papier qu’il montre volontiers à ses visiteurs. Puis, une fois cette première partie de son travail quotidien achevée, il traverse un chemin et parcourt quelques dizaines de mètres pour se rendre dans un autre bâtiment, à l’atelier où il travaille le métal pendant le reste de la journée.

Le thème du cœur étant imposé aux artistes du fait même du titre de l’ouvrage collectif, Calder choisit d’y associer celui du serpent, animal fréquemment retrouvé dans son bestiaire.

Le symbolisme du serpent est très polyvalent et très riche selon les civilisations, les cultures et les époques. Il s’entremêle depuis des siècles avec l’histoire de l’humanité.

Présent en Egypte, arrivé à Rome avec Cléopâtre, il est également retrouvé en Afrique, en Inde et en Chine et jusqu’aux Amériques, sous la forme du dieu Quetzalcoatl. De nombreux épisodes mythologiques, religieux ou profanes l’ont pour protagoniste et ont nourrit l’imagination des Hommes. Sa signification est tantôt positive tantôt négative : mort, méchanceté, tentation et péché mais aussi vie, fécondité, renaissance et transformation, voire guérison. En effet, le serpent a toujours fasciné par sa capacité à se régénérer en changeant de peau; il est l’attribut d’Esculape. On lui associe des facultés de séduction, notamment auprès des femmes. Il est très présent dans la symbolique de l’interprétation des rêves où il est associé à l’énergie sexuelle.

La lithographie figurant en frontispice de l’ouvrage représente 2 serpents, possible référence à l’image traditionnelle du caducée, la cardiologie étant destinataire de cet ouvrage. L’un est dressé et sa mâchoire est traversée par un autre animal. Serpent mâle et serpent femme, ces symboles de la séduction sont associés à celui du désir et de l’amour représentés par un coeur rouge stylisé. L’ensemble parait parfaitement équilibré comme l’étaient les sculptures en mouvements, si caractéristiques de l’oeuvre de Calder, les mobiles métalliques comme avait proposé de les appeler Marcel Duchamp.

On apprécie la simplicité, la grande sobriété et l’efficacité du dessin, ainsi que la construction dépouillée de l’ensemble. Seuls le rouge et le bleu, 2 couleurs primaires, sont opposées au noir de l’animal et au blanc du fond de la lithographie. Le thème est traité dans un style gai et amusant.

Calder était un homme attachant, d’un naturel gai et enjoué. Par son travail créatif, il voulait transmettre sa joie de vivre au public.

Le serpent au coeur

Lithographie sur arches en couleur sur vélin de Rives. 54 x 53,5 cm

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